Architecte du Golf de Giez Lac d'Annecy.
Parler de son travail est toujours difficile, surtout dans le cas de Giez où il s’agit d'un projet qui m'a donné beaucoup de plaisir. Ce parcours n'est pas le résultat d'un homme, c'est le fruit de la collaboration de plusieurs forces et volontés toutes différentes qui, pendant un court instant de leur vie ont cherché pour des motivations différentes, à construire un beau golf. Ce sont cette volonté constante des DUFOUR de faire un produit de golf économiquement viable, cet entêtement presque maladif de Henri PRUD'HOMME de demander plus et plus encore, et ce professionnalisme des entreprises à bien construire, même dans des conditions extrêmement difficiles, qui m'ont permis de faire un parcours de golf qui, je crois, est sans doute une de mes plus belles réalisations.
Le cahier des charges était précis, le site superbe, tout était réuni pour un bon projet. J'ai cherché dans ce cadre précis, tout au long du projet puis du chantier, à réaliser un golf d'une part amusant et juste , et d'autre part faire de ce nouveau golf un vieux parcours. Amusant et juste c'est permettre à l'ensemble des joueurs et joueuses quel que soit leur niveau de jeu de finir le parcours de golf sans perdre toutes leurs balles, sans déchirer leur carte, sans dire jamais on ne me reprendra pas sur ce parcours. Pari difficile car, dans une période où l'ensemble des architectes cherchaient à se faire remarquer par la construction des projets de normes internationales face à une concurrence américaine, en effet, concevoir simple pour la majorité n'était pas gratifiant pour un jeune architecte. Un aller plus facile qui le retour, des greens relativement ouverts et pas trop accidentés (sûrement parce que je suis un mauvais putter), des fairways larges aux retombées de drives, sont sûrement ce que l'on remarque en premier à Giez. De plus, dans cette volonté d'équilibre, le jeu des femmes est très similaire à celui des hommes, ce qui permet de rendre les doubles amusants et possibles.
Le paysage de qualité, avec le Mont-Blanc et le Lac d'Annecy en toile de fond, une végétation luxuriante, un château inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques, je n'avais plus qu'à mélanger les ingrédients pour que la sauce prenne. Mais il fallait impérativement coller le projet au site et intégrer de façon naturelle tous les éléments de modernité du golf pour conserver son caractère naturel au projet. Les lacs du 7 et du 10 sont en premier lieu des réserves d'eau, mais sont perçus, comme de véritables étangs naturels. Conserver et mettre en valeur l'existant, modelé et adapté pour un jeu facile, aménager des points de vue sur le fantastique paysage environnant, telles étaient les clés de notre projet. Je crois comme je l'ai dit que c'est réussi. Mais il ne faut pas croire que le jour où le golf est fini, livré, ont peut enfin se reposez. En effet, les parcours de golf sont des êtres capricieux qui demandent des soins constants, des améliorations, des créations de nouveaux bunkers, de nouveaux départs...
Didier FRUCHET



